26.06.2009

Eclair d'été

 

Résumé et impressions sur « Eclair d'été » de Tamara McKinley, Ed. L'Archipel,  2009.

 

 

Résumé:

Maureen et Henry vivent un amour contrariant leurs familles respectives. Elle, écossaise, pauvre vivant dans une famille ouvrière. Lui, anglais, issu de la bourgeoisie. Ils ne peuvent pas s'aimer là où ils vivent et décident donc de fuir vers l'Australie. Maureen donne naissance à Miriam. Henry fonde son entreprise en Australie.

 

A la veille de ses 75ans, Miriam réuni les siens afin de lever le voile sur une tragédie familiale. Elle souhaite venger son père. L'histoire nous replonge dans le passé de Miriam et dans son histoire familiale. Le seul but de Miriam est la poursuite de la vérité. Elle veut savoir ce qui s'est passé, comment et pourquoi son père à disparu. Elle veut récupérer son bien, ses terres, son patrimoine.

 

Impressions:

 

J'ai démarré ce livre avec beaucoup trop d'excitation. J'avais tellement été touchée par le livre précédent de l'auteur que je m'attendais à un moment exceptionnel. Je n'ai pas été transportée comme par la Valse de Mathilda mais j'ai été touchée tout autant par le destin des personnages. Une fois encore, le bush australien est décrit comme je l'imagine et comme je le vois dans les films. Les femmes, toutes les femmes du récit sont fortes et déterminées et vont au bout de leurs ressources. Et c'est en ce combat que le livre me touche. Les douleurs exprimées sont profondes. On y ressent les absences vécues par les personnages. On s'attache aux batailles internes menées par chacun. On aime la famille comme elle devrait être: unie derrière une seule femme, la doyenne.

 

Morceaux choisis:

«  - Perdre la mémoire à court terme quand on vieillit peut devenir très pénible, expliqua-t-elle en souriant. Mais la vraie malédiction, c'est d'être capable de se rappeler le passé lointain avec précision! On se rend compte alors des années qui se sont écoulées. p.171.

17.06.2009

L'élégance du hérisson

 

Résumé et impressions sur : "L'élégance du hérisson"  de Muriel Barbery, Ed. Gallimard, 2006.

(Prix des libraires 2007)

Hérisson

Résumé, 4ème de couverture:

 

'Je m'appelle Renée,j'ai 54 ans et je suis la concierge du 7 rue de Grenelle, un immeuble bourgeois. Je suis veuve, petite, laide, grassouillette,j'ai des oignons aux pieds et, à en croire certains matins auto-incommodants, une haleine de mammouth. Mais surtout, je suis si conforme à l'image que l'on se fait des concierges qu'il ne viendrait à l'idée de personne que je suis plus lettrée que tous ces riches suffisants.' 'Je m'appelle Paloma,j'ai douze ans,j'habite au 7 rue de Grenelle dans un appartement de riches. Mais depuis très longtemps, je sais que la destination finale, c'est le bocal à poissons, la vacuité et l'ineptie de l'existence adulte. Comment est-ce que je le sais ? Il se trouve que je suis très intelligente. Exceptionnellement intelligente, même. C'est pour ça quej'ai pris ma décision : à la fin de cette année scolaire, le jour de mes treize ans, je me suiciderai.'

 

Mes impressions:

 

Ça commence mignonnet, on aime bien lire l'histoire, elle nous fait rire. C'est subtil et fin, l'auteur décortique la perversité des clichés sociaux. La fin du bouquin prend une toute autre tournure. Il nous plonge au cœur des sentiments et des émotions.

Il y a certains passages trop philosophiques et métaphysiques pour moi mais dans l'ensemble la lecture est agréable, parfois rigolote et saisissante.

Les clichés sociaux sont tenaces il est vrai et ce livre l'explique tellement bien.

 

J'ai adoré la description du traumatisme du bocal faite par Paloma. p20.

 

Les camélias m'ont émus jusqu'aux larmes. Chapitre 13 « Dans les allées de l'enfer »

 

Une phrase m'a fait bien réfléchir «  N'ayez qu'une amie mais choisissez-la bien »p286.

 

Morceaux choisis:

La concierge:

« Les hommes, qui se perdent de désirer, feraient bien de s'en tenir à leurs besoins. [...]

  • Qui sème le désir récolte l'oppression. » p13-14.

 

« Comme je suis rarement aimable, quoique toujours polie, on ne m'aime pas mais on me tolère tout de même parce que je correspond si bien à ce que la croyance sociale a aggloméré en paradigme de la concierge d'immeuble que je suis un des multiples rouages qui font tourner la grande illusion universelle selon laquelle la vie à un sens qui peut être aisément déchiffré. » p15.

 

Paloma:

« Ce qui ne va pas, c'est que les enfants croient aux discours des adultes et que, devenus adultes, ils se vengent en trompant leurs propres enfants. « La vie a un sens que les grandes personnes détiennent » est le mensonge universel auquel tout le monde est obligé de croire. Quand, à l'âge adulte, on comprend que c'est faux, il est trop tard. Le mystère reste intact mais toute l'énergie disponible a depuis longtemps été gaspillée en activités stupides. Il ne reste plus qu'à s'anesthésier comme on peut en tentant de se masquer le fait qu'on ne trouve aucun sens à sa vie et on trompe ses propres enfants pour tenter de mieux se convaincre soi-même. » p20-21.

 

«  Personne ne semble avoir songé au fait que si l'existence est absurde, y réussir brillamment n'a pas plus de valeur qu'y échouer. C'est seulement plus confortable. Et encore: je crois que la lucidité rend le succès amer alors que la médiocrité espère toujours quelque chose. » p21.

 

« Les hommes vivent dans un monde où ce sont les mots et non les actes qui ont du pouvoir, où la compétence ultime, c'est la maitrise du langage. C'est terrible, parce que, au fond, nous sommes des primates programmés pour manger, dormir, nous reproduire, conquérir et sécuriser notre territoire et que les plus doués pour ça, les plus animaux d'entre nous, se font toujours avoir par les autres, ceux qui parlent bien alors qu'ils seraient incapables de défendre leur jardin, de ramener un lapin pour le dîner ou de procréer correctement. Les hommes vivent dans un monde où ce sont les faibles qui dominent. C'est une injure terrible à notre nature animale, un genre de perversion, de contradiction profonde. » p56.