17.06.2009

L'élégance du hérisson

 

Résumé et impressions sur : "L'élégance du hérisson"  de Muriel Barbery, Ed. Gallimard, 2006.

(Prix des libraires 2007)

Hérisson

Résumé, 4ème de couverture:

 

'Je m'appelle Renée,j'ai 54 ans et je suis la concierge du 7 rue de Grenelle, un immeuble bourgeois. Je suis veuve, petite, laide, grassouillette,j'ai des oignons aux pieds et, à en croire certains matins auto-incommodants, une haleine de mammouth. Mais surtout, je suis si conforme à l'image que l'on se fait des concierges qu'il ne viendrait à l'idée de personne que je suis plus lettrée que tous ces riches suffisants.' 'Je m'appelle Paloma,j'ai douze ans,j'habite au 7 rue de Grenelle dans un appartement de riches. Mais depuis très longtemps, je sais que la destination finale, c'est le bocal à poissons, la vacuité et l'ineptie de l'existence adulte. Comment est-ce que je le sais ? Il se trouve que je suis très intelligente. Exceptionnellement intelligente, même. C'est pour ça quej'ai pris ma décision : à la fin de cette année scolaire, le jour de mes treize ans, je me suiciderai.'

 

Mes impressions:

 

Ça commence mignonnet, on aime bien lire l'histoire, elle nous fait rire. C'est subtil et fin, l'auteur décortique la perversité des clichés sociaux. La fin du bouquin prend une toute autre tournure. Il nous plonge au cœur des sentiments et des émotions.

Il y a certains passages trop philosophiques et métaphysiques pour moi mais dans l'ensemble la lecture est agréable, parfois rigolote et saisissante.

Les clichés sociaux sont tenaces il est vrai et ce livre l'explique tellement bien.

 

J'ai adoré la description du traumatisme du bocal faite par Paloma. p20.

 

Les camélias m'ont émus jusqu'aux larmes. Chapitre 13 « Dans les allées de l'enfer »

 

Une phrase m'a fait bien réfléchir «  N'ayez qu'une amie mais choisissez-la bien »p286.

 

Morceaux choisis:

La concierge:

« Les hommes, qui se perdent de désirer, feraient bien de s'en tenir à leurs besoins. [...]

  • Qui sème le désir récolte l'oppression. » p13-14.

 

« Comme je suis rarement aimable, quoique toujours polie, on ne m'aime pas mais on me tolère tout de même parce que je correspond si bien à ce que la croyance sociale a aggloméré en paradigme de la concierge d'immeuble que je suis un des multiples rouages qui font tourner la grande illusion universelle selon laquelle la vie à un sens qui peut être aisément déchiffré. » p15.

 

Paloma:

« Ce qui ne va pas, c'est que les enfants croient aux discours des adultes et que, devenus adultes, ils se vengent en trompant leurs propres enfants. « La vie a un sens que les grandes personnes détiennent » est le mensonge universel auquel tout le monde est obligé de croire. Quand, à l'âge adulte, on comprend que c'est faux, il est trop tard. Le mystère reste intact mais toute l'énergie disponible a depuis longtemps été gaspillée en activités stupides. Il ne reste plus qu'à s'anesthésier comme on peut en tentant de se masquer le fait qu'on ne trouve aucun sens à sa vie et on trompe ses propres enfants pour tenter de mieux se convaincre soi-même. » p20-21.

 

«  Personne ne semble avoir songé au fait que si l'existence est absurde, y réussir brillamment n'a pas plus de valeur qu'y échouer. C'est seulement plus confortable. Et encore: je crois que la lucidité rend le succès amer alors que la médiocrité espère toujours quelque chose. » p21.

 

« Les hommes vivent dans un monde où ce sont les mots et non les actes qui ont du pouvoir, où la compétence ultime, c'est la maitrise du langage. C'est terrible, parce que, au fond, nous sommes des primates programmés pour manger, dormir, nous reproduire, conquérir et sécuriser notre territoire et que les plus doués pour ça, les plus animaux d'entre nous, se font toujours avoir par les autres, ceux qui parlent bien alors qu'ils seraient incapables de défendre leur jardin, de ramener un lapin pour le dîner ou de procréer correctement. Les hommes vivent dans un monde où ce sont les faibles qui dominent. C'est une injure terrible à notre nature animale, un genre de perversion, de contradiction profonde. » p56.

Commentaires

Décidément, il faut que je mette la main sur ce bouquin!

Ecrit par : Grominou | 17.06.2009

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